Arrivée en Inde : premières impressions

Il y a des moments qu’on ne peut décidément pas anticiper. Mon arrivée en Inde fait partie de ceux-là, de ces instants qu’on aimerait pouvoir préparer et qui finalement nous prennent de court.

J’arrivais en Inde avec une certaine appréhension. Même si je venais pour y rejoindre une association, j’étais seule. Et être seule dans la foule agitée de l’aéroport de New Delhi est une sacrée manière de commencer son séjour en Inde. J’avais entendu énormément de choses sur l’arrivée dans le pays. Certains racontaient leur premier contact avec l’Inde comme une expérience violente et épuisante, parfois angoissante, toujours surprenante. Pour ainsi dire, je suis passée par toutes les émotions.

La première confrontation

Lorsque je franchis les portes coulissantes de l’aéroport, je suis déjà envahie par la chaleur et déstabilisée par le monde autour de moi. Je m’étais déjà sentie oppressée à Bangkok, un peu à Kuala Lumpur, mais alors New Delhi… c’est une autre affaire. Je repère assez rapidement un jeune homme avec une pancarte sur laquelle mon prénom est inscrit, je m’empresse de le rejoindre. À ce moment-là, je suis partagée entre l’excitation et l’appréhension.

Premier choc : la conduite

Ceux qui ont été en Inde ne pourront sans doute pas me contredire, la conduite y est hallucinante. Je n’avais jamais vu ça. Sur une même route se trouvent des voitures, des scooters, des bus, des tuk-tuk, des vaches et des piétons, tout ça dans un boucan incessant. La conduite est très approximative, le code de la route inexistant (ou pas respecté ?) et les klaxons sonnent toutes les 3 secondes. De quoi se mettre dans le bain immédiatement.

Il y avait 1h30 de trajet entre l’aéroport de New Delhi et Faridabad, la ville où j’allais effectuer mon bénévolat. J’étais tellement mal à l’aise que j’ai même refusé de boire dans la bouteille d’eau que me tendait le chauffeur, alors que quelques semaines plus tard j’allais manger des fruits rincés à l’eau du robinet et boire des milkshakes pleins de glaçons…

Deuxième choc : la chaleur

Je pensais avoir souffert de la chaleur à Bangkok, je n’avais encore rien vu ! Je suis arrivée en Inde en pleine canicule durant la terrible vague de chaleur de 2019 en Inde et au Pakistan. Il faisait en moyenne 40°C à New Delhi et les températures ont atteint 50°C dans le Rajasthan. La mousson a été retardée et beaucoup de récoltes perdues. Plus grave encore, des centaines de personnes sont mortes de la canicule dans l’ouest de l’Inde cette année-là.

Pour être honnête, c’était insupportable. Je me souviens de mes premières nuits en Inde, de mes premières douches qui ne servaient à rien et de cette sensation d’être tout le temps en sueur. Moi qui déteste avoir froid, j’allai être servie. J’étais finalement aussi heureuse que les Indiens de voir la mousson arriver quelques semaines plus tard.

Troisième choc : la pollution

J’étais exténuée pendant le trajet en voiture jusqu’à Faridabad mais je voulais absolument garder les yeux ouverts. Je voulais tout voir et ne rien louper. Après 30 minutes de route le chauffeur me dit de regarder à droite. Je tourne donc la tête et je vois une sorte de colline marron : la plus grande décharge à ciel ouvert du monde. Cet amas de déchets sur lequel circulent de gigantesques tracteurs me laisse sans voix.

Le trajet se poursuit et j’observe le bord de la route. Tout est jonché de détritus, chaque parcelle de terre est recouverte de plastique, je n’en reviens pas. Ce n’est que quelques semaines plus tard, en revenant de Rishikesh, de Jaipur ou de Varanasi, que je comprendrai que Faridabad fait partie de ces zones oubliées où tout est démultiplié : la population, la pollution, l’insalubrité, la mendicité, la pauvreté.

Quatrième choc : la misère

C’est sans aucun doute celui que je n’ai pas réussi à surmonter. Faridabad est une immense ville située dans la banlieue de New Delhi. Et comme beaucoup de banlieues, celle-ci ne déroge pas à la règle, la pauvreté y est omniprésente. Je pense que l’arrivée à Faridabad a été mon premier « vrai » contact avec l’Inde, celui qui est gravé pour toujours en moi. La tête contre la fenêtre de la voiture je regarde impuissante les enfants pieds-nus au bord des routes, des hommes qui font les poubelles et des femmes très âgées qui portent d’énormes sacs sur leur dos courbé.

Une arrivée contrastée

Le portrait que je décris de l’Inde peut sembler dur, mais c’est ce que j’ai réellement ressenti en arrivant dans le pays. Le premier sentiment fut l’incompréhension, l’impression de ne pas être à ma place, d’être de trop dans cet environnement qui chamboule déjà tout ce que je connais. S’il y a une chose dont je suis certaine c’est que l’Inde nous fait perdre tous nos repères en quelques secondes, et la claque est vraiment violente.

Les premiers jours ont été difficiles et je n’ai pas réussi à prendre du recul tout de suite. Plus d’une semaine a été nécessaire pour que je commence à m’adapter et à me sentir vraiment bien. C’était étrange car je voulais partir et en même temps je voulais comprendre, apprendre et apprécier l’Inde. Et c’est finalement ce qui s’est passé. J’ai abandonné toutes mes habitudes pour m’adapter, et l’Inde me l’a bien rendu.

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