Arrivée en Inde : premières impressions

J’étais à la fois impatiente de vivre ce moment et soucieuse de ne pas réussir à le supporter. Bon nombre de personnes autour de moi m’avaient raconté leur premier contact avec l’Inde comme une expérience épuisante et angoissante et m’avaient mis en garde sur le choc que pouvait provoquer l’arrivée dans le pays. 

Pour ma part j’ai atterri à Delhi et pour être honnête, ça a été un festival d’émotions. Lorsque l’avion atterrit on ne réalise pas vraiment où nous sommes et puis l’appréhension n’est pas là, il y a plutôt une sorte d’excitation qui nous habite. Je dirai que cette excitation perdure jusqu’au moment où l’on franchit les portes coulissantes de l’aéroport. Après… c’est une autre histoire.

Mon premier contact avec le pays n’a pas été horrible comme beaucoup en témoignent, mais déstabilisant c’est certain. Ce qui m’a frappé en premier c’est le bruit, le boucan incessant, les klaxons dans tous les sens et la conduite assez approximative (et ce n’était que le début). La deuxième chose c’est la chaleur oppressante et l’air quasiment irrespirable. Il faut dire que je suis arrivée à Delhi en pleine canicule et que lorsque je suis sortie de l’aéroport il faisait 42 degrés. J’ai directement senti que j’allais souffrir de la chaleur, moi qui déteste avoir froid j’allais être servie ! La troisième chose qui m’a sauté aux yeux c’est le monde, cette foule de visages qui semble infinie.

J’ai rapidement trouvé un jeune homme avec mon prénom sur une pancarte, l’un des membres de l’association pour laquelle je venais. Nous sommes montés dans sa voiture et le dépaysement s’est fait ressentir immédiatement. Le trajet a duré 1h45 entre Delhi et Faridabad, la ville où j’allais loger. Même si j’étais exténuée après le voyage en avion je voulais garder les yeux ouverts pour observer ce qui m’entourait, j’étais curieuse. C’est pendant ce trajet que j’ai compris que les « chocs » que j’avais pu ressentir à l’aéroport n’en étaient pas vraiment. Ce qui m’a déstabilisé c’est les tas de déchets présents partout, le nuage de pollution qui empêche le ciel d’être bleu et les rayons du soleil de passer, mais surtout.. la misère. J’ai tout de suite été plongée dans l’Inde profonde, j’ai immédiatement quitté Delhi pour la banlieue. Et comme toute banlieue de grande métropole, celle-ci ne déroge pas à la règle, la pauvreté y est démultipliée. Je suis bouleversée par l’insalubrité, par la mendicité, par ces enfants qui marchent seuls le long des routes, par ces hommes qui font les poubelles et ces femmes qui portent d’énormes sacs de terre sur leurs épaules. L’Inde est violente. Physiquement et psychologiquement.

Le sentiment qui me parcourt à ce moment-là c’est l’incompréhension, l’impression de ne pas être à ma place, d’être de trop dans cet environnement qui chamboule déjà tout ce que je connais. S’il y a une chose dont je suis certaine c’est que l’Inde nous fait perdre tous nos repères en quelques secondes. On ne peut se raccrocher à rien tellement tout nous est étranger. Alors oui on se prend une claque, c’est vrai.

J’ai personnellement eu du mal à m’adapter durant les premiers jours et j’ai mis quasiment une semaine pour me construire de nouveaux repères. Durant les premiers jours j’aurais aimé pouvoir quitter le pays. Et en même temps je voulais apprendre à l’apprécier, apprendre à vivre ici, faire des rencontres, créer des souvenirs.

J’ai finalement compris que si je voulais comprendre ce pays, il fallait que j’abandonne mes réflexes et que je n’attende pas de l’Inde qu’elle s’adapte à moi, mais que je m’adapte à elle. Je ne crois pas que l’on puisse apprécier l’Inde en restant enfermé dans ce que l’on connaît, mais qu’il faut justement laisser place à l’inconnu, à l’imprévisible, à l’inattendu. Peut-être qu’il ne faut rien attendre de l’Inde pour en connaître le meilleur, se laisser aller, se laisser guider par cet océan de visages qui fait toute la beauté de ce pays.

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