Pourquoi partir faire du bénévolat ? En plus seule et en Inde !

Je me suis envolée le 1er juillet 2019 pour l’Inde et ses 1,3 milliards d’habitants.

Je ne pensais pas pouvoir vivre une expérience si forte à seulement 19 ans. Je ne pensais pas être capable de partir seule au bout du monde pour plusieurs semaines. Et pourtant aujourd’hui c’est chose faite, cette expérience a changé ma vie.

Ceci est le premier article que j’écris sur mon expérience de bénévolat. Je vous parle de mes motivations, de l’aspect administratif avant le départ et du fait de partir seule.

Pourquoi partir faire du volontariat ?

Cette envie ne date pas d’hier, elle me travaillait en réalité depuis plusieurs années. J’ai commencé très jeune à réfléchir à la façon dont je voulais partir. Où ? Quand ? Comment ? Avec qui ? Dans quel cadre ? J’ai passé des heures à essayer d’apporter une réponse à ces questions.

Je suis entrée en classe préparatoire en 2018 et je me suis rapidement retrouvée noyée dans mes études, j’ai donc mis volontairement ce projet de côté pendant quelques temps. La fin de l’année 2018 n’a pas été facile psychologiquement et j’ai eu beaucoup de mal à tenir le coup. Ce n’est que quelques mois plus tard que je me suis mise à réfléchir de nouveau sur ce projet et il m’a semblé que c’était le bon moment. Je pense que je voulais m’échapper un peu de mes études, de mon quotidien, faire quelque chose de concret et d’utile. Je voulais créer un projet seule, quelque chose qui m’appartienne véritablement et qui me tienne à cœur. Je voulais sortir de mes habitudes, de ma zone de confort et voir le monde tel qu’il est réellement. Je voulais apporter mon soutien à la lutte acharnée contre la faim, l’insécurité, la violence et l’inégal accès à l’éducation. Je voulais à tout prix partir sur le terrain, me confronter à la réalité, être active. Dès lors, j’ai commencé à me renseigner concrètement sur les possibilités qui s’offraient à moi.

Ce que je voulais faire depuis tant d’année prenait maintenant tout son sens.

Après des semaines de recherche intenses, j’ai enfin trouvé cette perle, cette association franco-indienne qui m’a directement séduite : Enfants de Shanti. J’ai donc contacté la présidente de l’association, Élodie, et quelques semaines plus tard je prenais mon billet d’avion pour Delhi. Pour être honnête, je n’avais aucun critère en termes de destination, je crois sincèrement qu’on ne part pas faire du volontariat par rapport à la destination mais par rapport à l’association auprès de laquelle on veut agir. Il s’avère que celle que j’ai choisi se trouve en Inde, à Faridabad, dans la banlieue de Delhi.

Les démarches pour partir (dans le cas de l’association Enfants de Shanti) :

  1. J’ai tout d’abord dû remplir un questionnaire envoyé par l’association afin d’expliquer mes motivations.
  2. Une fois que l’association a répondu positivement j’ai fait un certificat attestant de mon bon état de santé chez mon médecin traitant.
  3. J’ai pris connaissance des frais à payer à l’association (cotisation + repas et hébergement une fois sur place).
  4. J’ai pris mon billet d’avion pour Delhi.
  5. J’ai fait une demande de visa au près de l’ambassade indienne.
  6. Je me suis beaucoup renseignée sur la culture indienne (tenue vestimentaire, coutumes, règles de politesse, alimentation).
  7. J’ai reçu un appel téléphonique de la part de l’association afin de mettre au point les derniers détails avant le départ.
  8. J’ai fait ma valise en essayant de ne prendre que l’essentiel.
  9. Je me suis envolée pour l’aventure de ma vie !

Certaines démarches prennent du temps, c’est notamment le cas pour la demande de visa qui prend plusieurs semaines. Peu importe l’association choisie, il faut absolument s’y prendre plusieurs mois avant le départ.

« Mais en fait, t’es partie faire quoi en Inde ? »

C’est sans aucun doute la question que l’on m’a le plus posée !

Je suis partie durant quatre semaines afin d’agir auprès des enfants au sein de différents bidonvilles tous situés à Faridabad (ville immense de plus de deux millions d’habitants). N’étant pas dans le domaine médical, ma mission a été d’assister les professeurs au sein des bidonvilles et surtout de veiller à l’hygiène des enfants. Il faut savoir que les conditions de vie au sein des bidonvilles, qui plus est au nord de l’Inde sous une chaleur écrasante, sont particulièrement rudes. J’ai débarqué à Delhi en pleine canicule, il faisait 43°C en journée et 38°C la nuit. Pour ainsi dire, les enfants ont beaucoup souffert de la chaleur. Dans ces moments là l’association a particulièrement besoin de bénévoles afin de veiller à l’hygiène des enfants. Pendant quatre semaines j’ai donc donné des douches, brossé les dents et lavé les mains de dizaines d’enfants. J’en ai accompagné certains voir un médecin dans un dispensaire, j’ai organisé des jeux en extérieur avec l’aide d’autres bénévoles, j’ai épaulé les professeurs à l’école et j’ai surtout reçu une dose d’amour inimaginable. Mon bénévolat a surtout consisté en un retour à l’essentiel : l’humain.

Partir seule

Une chose était sûre c’est que je voulais partir seule, c’était mon souhait depuis le début. Je crois que j’avais besoin de me retrouver en tête-à-tête avec moi-même, loin de ma famille, de mes amis et de tous mes repères pendant quelques temps. La décision n’a donc pas été difficile à prendre et je n’ai eu aucun moment de doute jusqu’à la veille du départ. En revanche, à quelques heures du grand départ j’ai commencé à réaliser ce que j’allais vivre et comment j’allais le vivre, c’est-à-dire seule. Et j’ai commencé à avoir peur de la façon dont tout cela allait se dérouler.

Quelques mois après mon retour, je n’ai aucun regret.

D’une part, parce que le fait de partir seule m’a permis d’être autonome, indépendante et de prendre le temps de vivre les choses comme je le voulais. J’ai eu l’impression de vivre dans une autre réalité où les sentiments et les émotions sont démultipliés.

D’autre part, parce que partir seule c’est finalement être encore plus sociable, c’est faire des rencontres extraordinaires et inoubliables. Je crois que mes camarades de voyage (les autres bénévoles de l’association) qui sont elles aussi parties seules ne diront pas le contraire. C’est en partant seule qu’on apprend à être avec les autres et la force de ces rencontres là n’a rien de comparable aux autres.

Mais il faut aussi se sentir prêt car ce n’est pas une mince affaire. Il faut se préparer un minimum, se sentir capable de partir à plus de 6 000 kilomètres de chez soi sans aucun repère. Mais si on se sent assez mature alors je crois qu’il ne faut pas hésiter à se lancer car c’est une aventure inoubliable.

2 commentaires

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